Quelle est la ville la plus peuplée du monde en 2026 ?
La question paraît simple, la réponse l’est beaucoup moins : pour désigner la ville la plus peuplée en 2026, tout dépend de l’outil de mesure. À l’heure où plus de la moitié de la population mondiale vit en ville, la population urbaine se concentre dans des mégapoles aux contours parfois glissants. Mesure-t-on la « ville » en tant que municipalité (ville-propre), l’aire urbaine continue ou l’immense région métropolitaine qui l’alimente en navetteurs, en logements et en emplois ? Changer d’équerre, c’est changer de résultat : d’un côté Chongqing, géante administrative chinoise, de l’autre Tokyo ou Jakarta, archétypes d’une urbanisation tentaculaire.
En 2026, une ligne de force s’impose pourtant : l’Asie domine par son rythme de croissance urbaine et sa démographie jeune, pendant que les villes-mondes plus matures stabilisent leurs effectifs. Résultat, selon l’angle choisi, la couronne revient soit à Chongqing (si l’on ne considère que la municipalité), soit au Grand Tokyo (si l’on retient l’agglomération), avec une bataille de plus en plus serrée avec Jakarta, dont la population estimée grimpe à des niveaux records dans la conurbation de Jabodetabek. Entre gares saturées, périphériques élargis et nouveaux quartiers posés comme des dalles, ces géants urbains écrivent la carte du monde de demain. La bonne question n’est donc pas « qui est premier ? », mais « selon quelle définition bâtit-on le classement ? »
Ville la plus peuplée du monde en 2026 : la bonne définition pour la bonne réponse
Trois instruments, trois lectures. 1) Par « ville-propre » (frontières administratives), la ville la plus peuplée est Chongqing en Chine, avec une population estimée dépassant les 32–35 millions d’habitants dans sa municipalité tentaculaire, vaste comme l’Autriche. 2) Par « agglomération urbaine » (aire bâtie continue), le Grand Tokyo demeure généralement en tête autour de 37–40 millions d’habitants. 3) Par « région métropolitaine » élargie, plusieurs projections 2026 placent Jakarta/Jabodetabek au premier rang, frôlant les 42 millions, devant Dhaka qui grimpe, elle aussi, à un niveau inédit.
Autrement dit, l’outil décide du verdict. La municipalité privilégie la Chine, l’aire urbaine consacre Tokyo (ou désormais Jakarta selon certains jeux d’échelle), et la mégarégion souligne la poussée d’Asie du Sud-Est. Dans tous les cas, une certitude structurelle émerge : la mégapole asiatique reste le centre de gravité de la population urbaine planétaire. C’est l’angle indispensable pour comprendre 2026.

Ville-propre : Chongqing, la géante administrative qui défie l’Autriche
Par le prisme administratif, Chongqing est un mastodonte unique : plus de 32–35 millions d’habitants répartis dans une municipalité à relief tourmenté, au croisement du Yangtsé, avec des milliers de ponts et de tunnels pour coudre les rives. Le centre urbain concentre environ neuf millions de résidents, mais l’entité municipale agrège d’anciennes villes et d’importantes zones périurbaines, ce qui explique l’ampleur du chiffre.
Infrastructures, logistique, industrie électronique et automobile : la mégaville joue à fond la carte des grands travaux pour fluidifier ses flux. Vue depuis un chantier, la croissance de Chongqing ressemble à un tablier de pont lancé d’une rive à l’autre : un calibrage constant entre vitesse et stabilité. D’où une leçon utile : un classement « ville-propre » mesure d’abord la puissance d’une administration urbaine étendue.
Agglomération continue : Tokyo ou Jakarta ? La bataille des géants
Sur l’aire bâtie continue, le Grand Tokyo garde son statut de « ville mondiale » de référence, avec une population estimée entre 37 et 40 millions. Réseaux ferrés denses, pôles multiples, stabilité démographique : la capitale japonaise règne par continuité urbaine et fiabilité opérationnelle. Toutefois, en 2026, plusieurs classements prennent de l’ampleur côté Jakarta/Jabodetabek : l’immense conurbation indonésienne tutoie les 42 millions, portée par une croissance urbaine soutenue et des migrations internes massives.
Ce « match » est plus qu’une rivalité de chiffres : il illustre deux trajectoires urbaines. Tokyo, mâture et maillée, optimise. Jakarta, jeune et expansive, absorbe. Dans les deux cas, la démographie et l’offre de transport façonnent la hiérarchie. Voilà pourquoi, à l’échelle de l’agglomération, la couronne se joue désormais à quelques millions près.
Les plus grandes villes du monde en 2026 : le classement par municipalité
Pour éviter les confusions, voici un repère clair fondé sur la municipalité (ville-propre). C’est l’échelle qui consacre Chongqing et qui explique la domination chinoise en haut de tableau, tout en laissant une place notable aux capitales africaines en pleine urbanisation. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur 2026, basés sur la consolidation d’estimations récentes et de tendances officielles.
- Chongqing (Chine) – ≈ 32–35 M
- Shanghai (Chine) – ≈ 28–29 M
- Pékin/Beijing (Chine) – ≈ 22 M
- Shenzhen (Chine) – ≈ 17–18 M
- Kinshasa (RDC) – ≈ 17–18 M
- Lagos (Nigeria) – ≈ 16–17 M
- Chengdu (Chine) – ≈ 16 M
- Istanbul (Turquie) – ≈ 15–16 M
- Guangzhou/Canton (Chine) – ≈ 15 M
- Tokyo (Japon) – ≈ 14–15 M (municipalité), mais ≈ 37–40 M en agglomération
Lecture rapide : en « ville-propre », la Chine place quatre villes dans les cinq premières, tandis que l’Afrique urbaine (Kinshasa, Lagos) confirme une poussée structurelle. Une scène d’ensemble qui rejoint le constat global : la population urbaine croît plus vite là où la démographie est la plus jeune et les besoins d’infrastructures les plus pressants.
Pourquoi ces écarts de classement changent tout en 2026
Imaginons une équipe d’ingénieurs sur un projet baptisé « Atlas » : selon qu’elle mesure l’îlot, le quartier ou toute la zone d’influence, le plan de charge varie du simple au double. C’est pareil pour la ville : la municipalité renseigne l’autorité qui décide, l’agglomération capture l’urbain réel, la mégarégion révèle les flux. Passer de Tokyo municipal à Tokyo métropolitain, ou de Jakarta intra-muros à Jabodetabek, c’est changer d’outil — et donc de résultat.
Conséquence concrète : budgets de transport, logement, eau, énergie et résilience climatique ne s’anticipent pas avec les mêmes hypothèses. Voilà pourquoi, en 2026, la bonne réponse à « Quelle est la ville la plus peuplée du monde ? » commence toujours par « cela dépend de la règle du jeu ». Et la règle du jeu, c’est la définition choisie pour compter.

